La Sagesse de l'Autonomie, de l'Amour et de la Raison


II Appellation et fondements

A Appellation

Le nom est secondaire, il ne doit pas masquer l'essentiel : le contenu. Chacun est libre d'appeler cette pratique comme il veut ou de ne pas l'appeler du tout.
Ne pas adhérer sous prétexte que l'on ne veut pas d'étiquette, d'appartenance, reviendrait à ne pas avoir pris conscience de cette liberté, à se laisser définir par autrui (ceux qui donnent un nom que l'on ne souhaite pas). Ce serait, paradoxalement, considérer les étiquettes comme essentielles.
Celles-ci sont simplement utiles pour communiquer.

Une appellation possible est la sagesse de l'autonomie, de l'amour et de la raison. Ce qui donne l'acronyme " saar ".
Une autre appellation est le " félicitisme ", en référence à la félicité, définie comme le bonheur durable qui résulte de cette sagesse, et que, par amour et conformément à son éthique, le " félicitiste " va chercher à répandre.
On peut encore parler de la sagesse de l'harmonie, puisque telle est sa fin et sa conséquence.

Cette philosophie n'est pas une religion car elle ne fait pas intervenir un "principe supérieur". Plus généralement, elle ne comporte aucune certitude concernant le monde, et aucun concept métaphysique.
C'est un empirisme. Le domaine de la connaissance du monde est laissé à la démarche expérimentale. Hors de cette démarche, où leur sens est relatif, les concepts de " réalité " et de " vérité " ne sont pas utilisés.

B Fondements

Les fondements du félicitisme sont l'autonomie, l'amour et la raison.
Le fait que le langage ordinaire attribue à certains termes un sens vague, vaste et variable engendre beaucoup de confusion. Voici donc la nature exacte de ces fondements.

Par autonomie, il faut entendre ici la non-dépendance affective à quelque situation que ce soit. Je suis affectivement dépendant d'une situation si je suis profondément insatisfait de son absence ou de sa présence…
En pratique, les évènements extérieurs n'étant jamais pleinement et durablement sous notre contrôle, cette autonomie est nécessaire à un bonheur durable et assuré.

La " bonne nouvelle " du félicitisme, que chacun peut vérifier par lui-même, est la suivante : l'autonomie est possible. Elle découle de la prise de conscience et de l'exercice de la liberté intérieure.
On y accède par l'action de l'esprit sur lui-même (on ne pense généralement qu'à agir sur l'extérieur). On peut, par exemple, réaliser que ce ne sont pas les choses qui nous touchent mais l'idée que nous nous en faisons. On peut encore relativiser, se donner un but plus élevé ou, tout simplement, cultiver l'amour et la compassion… choisir ce sur quoi on focalise son attention et son intention.
Il n'est pas question ici d'atteindre une autonomie absolue mais une autonomie satisfaisante.
On peut ainsi énoncer les " quatre nobles vérités " du félicitisme :
N1 L'insatisfaction est presque partout pour l'être dépendant.
N2 Elle découle de sa dépendance affective.
N3 Il est possible de mettre fin à cette dernière et donc à l'insatisfaction
N4 On peut y parvenir par la " voie du milieu " qu'est la pratique du félicitisme (voir chapitres V et VI).

L'amour est ici un sentiment agréable portant à vivre en harmonie avec son environnement (naturel et humain).
Aimer autrui ne signifie donc pas forcément apprécier ses qualités ou son comportement, le fréquenter ou le laisser faire ce qu'il souhaite. Cela implique seulement que l'on souhaite son bonheur (et non pas qu'on connaisse ce dernier, ou qu'on le lui impose).
Cet amour porte à agir dans un certain sens et non pas à espérer une situation donnée. Il porte à désirer et non pas à attendre. Il ne suppose donc aucune dépendance…
En pratique, l'autonomie conduit à un amour universel en supprimant ce qui l'empêchait : il n'y a plus de raison de ne pas aimer qui que ce soit.

La raison est la faculté de juger efficacement, mais aussi de se rendre maître de ses impulsions et de son imagination.
Celle-ci implique l'expérimentation, la précision, la logique, une réflexion libre et critique, la capacité de se remettre en question, ainsi qu'une recherche de cohérence et de clarté.
La nature de la démarche rationnelle sera précisée plus bas (V.B).

La dépendance étant la cause de toute souffrance morale, l'amour (tel que défini ici) s'accompagnant d'une joie durable, la raison garantissant l'efficacité, ces fondements sont désirables en eux-mêmes…
Point n'est besoin d'une récompense ou d'une sanction dans une vie future, ce qui reviendrait d'ailleurs à solliciter l'égoïsme…
La sagesse de l'autonomie (saar), sollicite et entretient l'état " adulte ".
Le félicitiste n'oppose pas un intérêt personnel à l'" intérêt général ", il ne sacrifie pas ses désirs, il découvre un certain désir tout à fait personnel le conduisant à poursuivre l'intérêt le plus général.

Si je ne suis pas dépendant de quelque chose, ai-je une seule raison d'avoir peur, d'être impatient, contrarié, déçu, frustré, agacé, dégoûté, désespéré etc. ? Ai-je une seule raison de ne pas aimer autrui ? Ai-je besoin d'être assuré de quoi que ce soit ?
Si, de plus, j'agis efficacement et consciemment, je risque moins de nuire à autrui.

L'intérêt de la saar peut donc être résumé par la formule :
Autonomie + Amour + Raison --> Bonheur + Harmonie



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