Le nom est secondaire, il ne doit pas masquer l'essentiel : le contenu.
Chacun est libre d'appeler cette pratique comme il veut ou de ne pas
l'appeler du tout.
Ne pas adhérer sous prétexte que l'on ne
veut pas d'étiquette, d'appartenance, reviendrait
à ne pas avoir pris conscience de cette liberté,
à se laisser définir par autrui (ceux qui donnent
un nom que l'on ne souhaite pas). Ce serait, paradoxalement,
considérer les étiquettes comme essentielles.
Celles-ci sont simplement utiles pour communiquer.
Une appellation possible est la sagesse de l'autonomie, de
l'amour et de la raison. Ce qui donne l'acronyme " saar ".
Une autre appellation est le " félicitisme ", en
référence à la
félicité, définie comme le bonheur
durable qui résulte de cette sagesse, et que, par amour et
conformément à son éthique, le "
félicitiste " va chercher à répandre.
On peut encore parler de la sagesse de l'harmonie, puisque telle est sa
fin et sa conséquence.
Cette philosophie n'est pas une religion car elle ne fait pas
intervenir un "principe supérieur". Plus
généralement, elle ne comporte aucune certitude
concernant le monde, et aucun concept métaphysique.
C'est un empirisme. Le domaine de la connaissance du monde est
laissé à la démarche
expérimentale. Hors de cette démarche,
où leur sens est relatif, les concepts de "
réalité " et de " vérité "
ne sont pas utilisés.
Les fondements du
félicitisme sont l'autonomie, l'amour et la raison.
Le fait que le langage ordinaire attribue à certains termes
un sens vague, vaste et variable engendre beaucoup de confusion. Voici
donc la nature exacte de ces fondements.
Par autonomie, il faut entendre ici la
non-dépendance affective à quelque situation que
ce soit. Je suis affectivement dépendant d'une situation si
je suis profondément insatisfait de son absence ou de sa
présence…
En pratique, les évènements extérieurs
n'étant jamais pleinement et durablement sous notre
contrôle, cette autonomie est nécessaire
à un bonheur durable et assuré.
La " bonne nouvelle " du félicitisme, que chacun
peut vérifier par lui-même, est la suivante :
l'autonomie est possible. Elle découle de la prise de
conscience et de l'exercice de la liberté
intérieure.
On y accède par l'action de l'esprit sur lui-même
(on ne pense généralement qu'à agir
sur l'extérieur). On peut, par exemple, réaliser
que ce ne sont pas les choses qui nous touchent mais l'idée
que nous nous en faisons. On peut encore relativiser, se donner un but
plus élevé ou, tout simplement, cultiver l'amour
et la compassion… choisir ce sur quoi on focalise son
attention et son intention.
Il n'est pas question ici d'atteindre une autonomie absolue mais une
autonomie satisfaisante.
On peut ainsi énoncer les " quatre nobles
vérités " du félicitisme :
N1 L'insatisfaction est presque partout pour l'être
dépendant.
N2 Elle découle de sa dépendance affective.
N3 Il est possible de mettre fin à cette dernière
et donc à l'insatisfaction
N4 On peut y parvenir par la " voie du milieu " qu'est la pratique du
félicitisme (voir chapitres V et VI).
L'amour est ici un sentiment agréable portant
à vivre en harmonie avec son environnement (naturel et
humain).
Aimer autrui ne signifie donc pas forcément
apprécier ses qualités ou son comportement, le
fréquenter ou le laisser faire ce qu'il souhaite. Cela
implique seulement que l'on souhaite son bonheur (et non pas qu'on
connaisse ce dernier, ou qu'on le lui impose).
Cet amour porte à agir dans un certain sens et non pas
à espérer une situation donnée. Il
porte à désirer et non pas à attendre.
Il ne suppose donc aucune dépendance…
En pratique, l'autonomie conduit à un amour universel en
supprimant ce qui l'empêchait : il n'y a plus de raison de ne
pas aimer qui que ce soit.
La raison est la faculté de juger efficacement,
mais aussi de se rendre maître de ses impulsions et de son
imagination.
Celle-ci implique l'expérimentation, la
précision, la logique, une réflexion libre et
critique, la capacité de se remettre en question, ainsi
qu'une recherche de cohérence et de clarté.
La nature de la démarche rationnelle sera
précisée plus bas (V.B).
La dépendance étant la cause de toute
souffrance morale, l'amour (tel que défini ici)
s'accompagnant d'une joie durable, la raison garantissant
l'efficacité, ces fondements sont désirables en
eux-mêmes…
Point n'est besoin d'une récompense ou d'une sanction dans
une vie future, ce qui reviendrait d'ailleurs à solliciter
l'égoïsme…
La sagesse de l'autonomie (saar), sollicite et entretient
l'état " adulte ".
Le félicitiste n'oppose pas un intérêt
personnel à l'" intérêt
général ", il ne sacrifie pas ses
désirs, il découvre un certain désir
tout à fait personnel le conduisant à poursuivre
l'intérêt le plus général.
Si je ne suis pas dépendant de quelque chose, ai-je
une seule raison d'avoir peur, d'être impatient,
contrarié, déçu, frustré,
agacé, dégoûté,
désespéré etc. ? Ai-je une seule
raison de ne pas aimer autrui ? Ai-je besoin d'être
assuré de quoi que ce soit ?
Si, de plus, j'agis efficacement et consciemment, je risque moins de
nuire à autrui.
L'intérêt de la saar peut donc
être résumé par la formule :
Autonomie + Amour + Raison --> Bonheur + Harmonie