Les principes de vigilance, consistent à être attentif à tout ce qui peut nous éloigner de la pratique de l'éthique.
On tâchera de détecter rapidement les
états intérieurs susceptibles de
détourner de l'objectif, afin d'y mettre rapidement un terme
s'ils ne sont pas justifiés ou de redoubler de vigilance
s'ils le sont.
a Etats par nature non justifiables : la
haine, la soif de vengeance, la jalousie, la dévalorisation
de soi, le regret, la honte, l'impatience, le fatalisme, le
découragement etc.
b Etats pouvant détourner de
l'objectif par leur intensité :
l'ennui, la curiosité, l'adoration, l'attachement, le
dégoût, la fierté, la
colère, la déception, la culpabilité,
l'attrait du plaisir, l'attrait du repos, la fatigue, la peur du
manque, la peur de déplaire, le désir de plaire,
le besoin de compagnie, le désir en
général, la préoccupation du moment,
les émotions fortes en général...
c Etats pouvant plus
particulièrement détourner de la
pensée rationnelle (PR1,3,10) :
besoin d'appartenance, de sens, besoin de comprendre, d'admirer, de se
soumettre, fierté, sympathie, antipathie,
émotions fortes..
Peuvent encore nous éloigner d'un comportement
félicitiste :
a Les habitudes (acquises
antérieurement) par lesquels on va agir ou s'exprimer
machinalement d'une certaine façon…
D'où l'intérêt de faire une
démarche particulière pour en acquérir
de nouvelles.
b Les schémas culturels et
valeurs inculqués antérieurement.
D'où l'intérêt de questionner chacun
d'entre eux.
c Est susceptible de nous
éloigner de la démarche rationnelle :
l'habitude de juger rapidement, sur la base des apparences. On se
méfiera donc de ses jugements rapides…
On sera vigilant face aux activités susceptibles
d'éloigner de l'objectif afin d'y mettre un terme si elles
ne sont pas justifiées ou de redoubler de vigilance si elles
le sont :
Le divertissement, la fatigue, la violence, l'inconfort, les
répétitions, la consommation de psychotropes, la
compétition, le jeu, l'engagement etc.
On sera vigilant face aux environnements et sollicitations
susceptibles d'éloigner de l'objectif afin de s'en
écarter ou de les modifier si ils sont inutiles ou de
redoubler de vigilance s'ils sont utiles ou difficilement
évitables :
Sources de divertissement, de fatigue, de compétition,
d'inconfort, répétition, violence,
séduction…
Les quatre principes suivants créent des conditions favorables à une pratique efficace par action sur soi-même et notre environnement immédiat.
On veillera à la satisfaction de ses besoins fondamentaux sur le long terme : sécurité, repos, confort de base, compagnie, rapports harmonieux, calme, ordre, action, cohérence…
On prendra soin de son corps : propreté, exercice,
alimentation, non-consommation de toxiques etc.
Toute prise de risque devra être suffisamment
motivée par l'objectif félicitiste.
Dans la mesure du possible, on se créera un environnement favorable à la poursuite du but, limitant les sources d'angoisse, de perturbations et de tentations.
a- En les exerçant, on
développera ses capacités intellectuelles et
émotionnelles, en particulier : l'attention, la
concentration et l'esprit critique.
b- On maintiendra (ou
développera) sa capacité à faire face
à des conditions difficiles.
c- On prendra le temps de la
réflexion pour tirer les enseignements de ses
échecs et réussites…
d- On tâchera
d'éliminer ses éventuelles dépendances
(d'autant plus qu'elles limitent l'action félicitiste (en
qualité et en quantité)).
On cultivera la bonne humeur, l'humour, la joie, l'entrain.
On tâchera de prendre plaisir à tout et en
particulier à ce que l'on fait.
On envisagera les choses positivement.
On se gardera de toute obéissance aveugle et
non-contrainte envers une personne, une morale ou une organisation.
Cela implique un certain courage. Cela n'empêche pas
d'obéir lorsque l'urgence ou le bon sens l'exige.
On ne se fiera pas à un enseignement parce qu'il est
supposé " supérieur ", mais parce qu'on l'aura
testé et vérifié par
soi-même.
Les exercices qui suivent aident à se maintenir
dans la pratique de l'éthique en dépit des
faiblesses humaines, des vicissitudes et distractions de l'existence.
Ils relèvent du développement personnel (PG8).
Ils pourront être appelés, " les cinq piliers ".
Ce sont :
R1 Le rappel (à soi)
R2 Le ressourcement (dans la paix
intérieure et l'amour universel)
R3 La révision (du
félicitisme)
R4 Le bilan (de sa pratique)
R5 Le test (d'autonomie)
Le rappel à soi consiste à se
détacher de ses activités ou
préoccupations particulières du moment, et
à se mettre à l'écoute de son
environnement, de son corps puis de ses sentiments.
Il consiste à observer ses émotions avec
précision sans les réprimer, à
identifier les dépendances qu'elles
révèlent éventuellement, sans les
réprouver. On se reliera à ses besoins profonds
et on évitera soigneusement toute pensée
comportant des étiquetages, des
généralités ou des jugements de valeur.
Le rappel à soi sera pratiqué à chaque
fois que l'on sent venir en soi une émotion ou un
mal-être, ainsi que de façon périodique
(à certaines heures de la journée, par exemple).
Le ressourcement dans la paix intérieure et l'amour
universel, fera suite à un rappel à soi. Il
consiste, après avoir fait le vide de ses
émotions et préoccupations
particulières et avoir atteint un certain calme,
à se centrer sur le sentiment d'amour inconditionnel et
universel. On pourra s'aider d'un environnement, de postures, de
pensées etc.
On veillera également à le pratiquer lorsque l'on
sentira en soi un manque d'amour, voire de l'hostilité
envers un ou plusieurs êtres.
La révision du félicitisme consiste
à se rappeler l'intérêt et la nature de
cette philosophie, à comprendre et mémoriser ses
différents principes.
Il sera pratiqué régulièrement de
façon à avoir suffisamment à l'esprit
(lorsque c'est nécessaire) les objectifs et les
différents principes de l'éthique et de l'aide
à la pratique.
Il s'agit de faire le bilan de sa pratique du félicitisme : noter les échecs et réussites, de façon à s'améliorer au fil du temps.
Cet exercice consiste à se mettre en situation de
privations justes suffisantes pour exercer son autonomie.
Plus généralement, on s'appliquera à
goûter son bonheur autonome lorsque la situation
extérieure est défavorable.
Pour chaque exercice, chacun choisit la fréquence qui lui convient le mieux (pour une bonne pratique de l'éthique). Elle pourra être plus importante en début de pratique, puisqu'il y aura plus d'habitudes nouvelles à acquérir.
Afin d'aider à une prise de décision
rapide et plus sûrement félicitiste, on peut
mettre en garde contre un certain nombre d'actions qui seront
généralement rejetées par une
délibération félicitiste
consciencieuse. Elles peuvent être acceptées, mais
plus ou moins rarement, de sorte que l'on peut leur associer un indice
correspondant à cette rareté et au coût
éventuel pour le bien commun, et donc, indiquant le niveau
de soin avec lequel il importe de prendre toute décision y
conduisant.
L'intention d'un tel comportement (ou le comportement
lui-même) constituera, en quelque sorte, une
alarme…
D'où les dix " comportements-alarmes " qui, en les faisant précéder de la formule " tu vérifieras soigneusement que tu agis dans le sens du plus grand bonheur de tous avant de ", deviennent les " dix commandements " du félicitisme…
| Comportement-Alarme | Indice | |
| A1 | Tuer (un être vivant) | 1 à 9 |
| A2 | Faire souffrir | 1 à 9 |
| A3 | Mentir | 5 |
| A4 | Médire | 2 |
| A5 | Voler | 4 |
| A6 | Se droguer | 2 à 8 |
| A7 | Dégrader | 1 à 9 |
| A8 | Sur-consommer | 3 |
| A9 | Faire courir un risque (de mort, de souffrance, de destruction, de pollution…) | 1 à 8 |
| A10 | Avantager (quelqu’un) | 2 |
A1
L'indice est proportionnel au niveau de conscience de
l'être vivant (ce qui suppose le développement du
cerveau). Indices : Homme : 9 ; grands singes et dauphin : 8 ; autres
mammifères : 6-7 ; autres : 1 à 5.
A2
L'indice dépend de la souffrance. Sera pris en
compte, la sensibilité à la douleur et donc, le
développement du cerveau.
Rentrent dans cette catégorie : la nuisance, la contrainte,
l'oppression, la brutalité, le viol, la
séquestration, la violence verbale (voir PS5b) etc.
A3
La sincérité est nécessaire
à la confiance. Le mensonge doit donc rester exceptionnel.
Sa tentation doit interroger la qualité de la relation..
A4
Médire est à prendre ici au sens
purement comportemental : dire une chose de quelqu'un susceptible de
lui être désagréable. Cela peut souvent
être justifié (par exemple: dénoncer un
comportement nuisible ou dangereux). En tant qu'attitude
intérieure, la médisance est bien sûr
exclue.
A5
Non seulement la victime du vol risque de souffrir, mais l'on
s'oppose ainsi à une règle collective assurant
une certaine équité dans la
répartition des peines et des gains.
A6
Se droguer signifie consommer une substance de telle sorte
que cela représente un risque sérieux d'induire
une dépendance, une altération de la conscience
ou de la santé. En principe, seule une raison
médicale peut justifier une telle action…
L'indice dépend de la substance.
A7
L'indice dépend de la dégradation et de
l'objet. C'est, en particulier, nuire à
l'écosystème ; que ce soit en le polluant (rejet
de certaines substances ou objets), en modifiant un milieu, ou en
prélevant abusivement certaines ressources.
A8
Sur-consommer signifie: consommer au-delà de sa
part équitable de ce que la nature peut produire de
façon durable pour tous. Tout dépassement devra
être justifié par un service manifeste et
supérieur au bien commun.
Ce point est nécessaire car il permet d'éviter
une dégradation de l'environnement d'origine
collective….
A9
L'indice dépend de l'importance du risque en terme
de probabilité et en terme de gravité.
On peut considérer, en particulier, que compte-tenu de
l'ignorance de la valeur exacte du seuil évoqué
en A8, consommer au-delà de ses besoins
élémentaires fait courir un risque...
A10
Ce point concerne, en particulier, le fait de s'avantager
soi-même… Il est nécessaire pour
limiter la compétition et les conflits.
Une différence de traitement ne pourra être
justifiée que par des considérations pratiques :
l'éloignement, le comportement des personnes, la
connaissance que l'on en a, et non pas par des sentiments ou liens
particuliers envers elles.
Les cinq premiers " commandements " (A1-5) permettent de faire
le lien avec les morales " traditionnelles ", où ils
correspondent souvent à des interdits (notion absente du
félicitisme). Ces derniers se comprennent par le fait qu'un
comportement " spontané ", insuffisamment " conscient ",
conduit souvent à ces actions en causant d'importantes
souffrances.
Le félicitisme agit en quelque sorte à la racine
du mal puisqu'il conduit affectivement et rationnellement au
comportement le plus opposé qui soit à la
souffrance…
Il conserve la quintessence humaniste des éthiques
religieuses. Ainsi, l'objectif félicitiste
(appuyé par le dixième commandement) constitue la
concrétisation la plus réaliste et harmonieuse
qui soit du fameux " tu aimeras autrui comme toi-même
"…
La principale différence concerne l'absence, dans le félicitisme, de commandements purement idéologiques (" tu n'adoreras pas d'autres dieux ", " tu ne travailleras pas le jour du Seigneur " etc.) ainsi que de la notion de conduite sexuelle " impure " (présente dans toutes les éthiques religieuses traditionnelles). La saar n'impose pas de mœurs particulières, mais invite simplement à réfléchir aux conséquences possibles de ses actes (en particulier sur autrui et à long terme) et à en tirer les conséquences…
En outre, la quasi-interdiction de l'homicide y est
strictement non discriminatoire. Celle-ci ne disparaît pas
parce que l'individu serait qualifié d'ennemi, de criminel,
de sorcière, de faux-prophète ou
d'apostat… Tout homicide doit s'avérer clairement
et concrètement nécessaire pour sauver des vies
humaines.
Tous les génocides de l'histoire résultent soit
de la poursuite d'un objectif plus restreint que le plus grand bien
(souvent celui d'un peuple ou " nation "), soit d'une assurance
incompatible avec les principes de raison (en particulier PR2,3,10).
Ils sont le produit du racisme et du fanatisme. Le " premier
commandement " ajoute une protection supplémentaire par
rapport à ce risque.
Les vingt principes qui suivent visent plus
spécifiquement la qualité des rapports humains et
sont regroupés dans cinq rubriques:
PS1-4 Le non-jugement
PS5-8 L'autonomie affective
PS9-13 La responsabilité
PS14-17 L'amour
PS18-20 La non-violence
Etre particulièrement prudent dans la formation de ses jugements sur les personnes (appliquer un niveau d'évidence suffisamment faible), en particulier pour tout de ce qui relève de la psychologie, à cause de la complexité du sujet, du caractère non directement observable des faits psychiques et des risques de projection.
Voir en chaque individu, un être à la
recherche, éventuellement maladroite, du bonheur,
susceptible d'évoluer, avant d'y voir une cause de trouble
quelconque. On s'abstiendra d'identifier autrui à un
défaut que l'on rejette ou à quelque
étiquette que ce soit.
On n'éprouvera plus ainsi que de la compassion et de l'amour.
Les étiquettes sont souvent utilisées pour évacuer une difficulté que l'on a, elles dispensent d'agir, de communiquer. De plus, elles sont souvent abusivement simplificatrices. On s'abstiendra donc de tels jugements afin de rester ouvert au dialogue.
Ne pas percevoir de hiérarchie de valeur entre les
êtres (ce que l'on est libre de faire car il ne s'agit pas
là d'une observation…) Personne ne sera
considéré comme supérieur,
inférieur, bon, mauvais etc.
On ne pratiquera donc ni la dévalorisation ni la flatterie
et l'on n'y sera pas sensible, car elles ne seront pas confondues avec
le rejet ou l'acceptation.
On n'éprouvera plus de mépris, de condescendance,
de pitié, de vénération, d'admiration,
d'estime, ni de fierté ou d'humiliation, seulement un
respect égal pour tous les êtres.
La notion de mérite, disparaît
également, dans la mesure où elle implique une
hiérarchie de valeur... (L'égalité de
valeur n'implique pas l'égalité de traitement).
a Ne s'attacher (au sens de dépendance)
qu'à ce qui ne dépend que de soi-même :
ses idées, ses objectifs… à
l'exclusion de tout le reste. En particulier, on ne fera pas
dépendre son bonheur de l'attitude d'autrui.
Agir positivement pour satisfaire ses besoins ou
désirs, sans attendre que cela vienne des autres.
Le cas échéant, on pourra bien sûr
exprimer des demandes, qui devront être précises
et réalistes.
Rester suffisamment connecté à sa source
intérieure de paix et d'amour pour ne pas se laisser
affectivement influencer par l'humeur d'autrui.
En cas de " violence " perçue, on pratiquera un rappel
à soi ou une prise de distance, afin de ne pas se laisser
gagner par la violence (culpabilité, indignation,
colère etc.)
Se centrer suffisamment sur le bien commun pour ne pas être affecté par le rejet, l'indifférence ou le manque de reconnaissance de la part d'autrui.
Lorsqu'on a commis une action engendrant de la souffrance, on a fortement à cœur d'y remédier ou d'éviter que cela ne se reproduise. Mais là doit s'arrêter la " culpabilité ". On ne s'y complaira pas.
Atténuer son sentiment de culpabilité de façon à ne plus craindre d'assumer ses responsabilités, à ne plus être tenté de rejeter la "faute" sur autrui, ou de chercher des boucs-émissaires (par peur de se sentir coupable).
S'enquérir de la meilleure action que l'on peut
faire soi-même pour résoudre chaque
problème, pour œuvrer au bien commun, avant de
chercher des responsables.
Une responsabilité spécifique ne sera
évoquée que dans le cadre d'une entente
préalable explicite (comprenant le responsable).
Limiter ses paroles à ce qui est utile (au bien
commun) ou agréable.
Le cas échéant, dénoncer ce qui doit
l'être (pour une réduction de la souffrance) sans
se poser en victime.
Chercher dans toute critique le bénéfice que l'on peut en tirer, avant d'envisager sa non-pertinence. Privilégier l'hypothèse de la bienveillance de son auteur.
Respecter les idées, les choses et les
êtres pour eux-mêmes et non pas pour leur relation
avec nous-mêmes.
On ne se considèrera pas comme propriétaire de
quoi que ce soit (psychologiquement parlant).
On percevra sa propriété légale
(éventuelle) comme une responsabilité, et non pas
comme un pouvoir jalousement chéri ou défendu.
Manifester son amour (tendresse, bienveillance,
fraternité…) envers autrui par :
M1 La douceur,
M2 La non-nuisance
(ne pas lui nuire délibérément)
M3 Le respect immédiat
(effort pour ne pas faire souffrir, importuner)
M4 Le respect à long terme
(effort pour libérer des causes de la souffrance,
éducation )
M5 Le soin
(soulager sa souffrance immédiate)
M6 L'empathie
(s'accorder sur ses émotions)
M7 L'écoute
(prendre le temps de l'écouter et de le comprendre)
M8 La compréhension
(rechercher des causes de son comportement)
M9 Le partage de son propre bonheur
M10 Le partage du bonheur d'autrui
M11 L'explication
(lui faire partager nos motivations et sentiments, être
précis et explicite...)
M12 La communication
(lui transmettre les informations pouvant lui être utiles)
M13 La serviabilité,
(lui rendre le service)
M14 la fiabilité,
(prendre des engagements si nécessaire et les tenir)
M15 La coopération
(partager le même objectif que lui, et s'organiser dans
l'action commune)
Ces " manifestations ", en particulier le service, la coopération et la communication, présentent toutefois des limites : elles doivent être compatibles avec le bien commun (O0). Le cas échéant, on expliquera son refus (par exemple, en présentant ses priorités).
Si possible, on tâchera d'amener l'autre
à l'éthique du bien commun (le
félicitisme), afin de pouvoir coopérer avec lui,
ensuite. Alors, il n'y aura plus le moindre obstacle à la
sincérité et à la
communication…
Tout cela ne peut avoir lieu que si les personnes acceptent d'entrer en
relation, d'écouter.
On tâchera, de notre côté, de rester
dans l'ouverture au dialogue et l'acceptation de l'autre.
La contrainte (force) ne sera employée qu'au
service direct du bien commun (par exemple, pour protéger
des vies).
On ne cherchera pas à " rendre justice " ou " corriger
"…
Chaque parole ne sera qu'explications, informations,
témoignages ou aides, sans oublier l'écoute et la
douceur.
On ne cherchera pas à imposer quoi que ce soit à
autrui.
On s'efforcera donc de ne pratiquer aucune des formes de
pression suivantes (volontairement) :
V1 Les représailles
(sanction délibérée en cas de refus)
V2 Le fait accompli
(action préalable orientée)
V3 Le harcèlement
(insistance malgré un refus)
V4 La menace
(annonce de représailles)
V5 La moralisation
(recours aux notions de bien et de mal, de devoir, de
normalité…)
V6 La condamnation
V7 La dévalorisation
(abaissement dans une hiérarchie de valeur, comprend
l'insulte, la moquerie…)
V8 La culpabilisation
(discours visant à culpabiliser)
V9 Chantage affectif
(annonce d'affections conditionnelles)
V10 La brusquerie
(brutalité, violence dans le ton ou les propos)
V11 L'injonction
(demande exprimant de l'autorité)
V12 L'assurance autoritaire
(affirmation ferme et sans appel)
V13 La péjoration
(recours à une connotation négative)
V14 L'intrusion psychologique
(affirmation concernant la vie intérieure d'autrui)
V15 L'incrustation
(affirmation implicite dissimulée dans le propos rendant
difficile la contestation)
V16 L'optimisme violent
(présupposition optimiste plaçant autrui dans une
situation désavantageuse)
V17 La déformation violente
(présupposition susceptible de choquer)
V18 Le pessimisme inutile
(évocation d'une situation déplaisante
à dessein ; souvent sous forme ironique)
V19 L'urgence
(situation d'urgence évoquée à dessein)
V20 L'engagement
(invitation à l'engagement à dessein)
La volonté de pression est souvent plus ou moins inconsciente, d'où l'importance d'être aussi conscient que possible de ce qui se passe en soi.
Il ne faut pas perdre de vue que la violence ne se trouve pas
dans un message ou un comportement, mais est d'abord un ressenti
intérieur : un phénomène subjectif (PR9) (même si certains
comportement sont unanimement qualifiés de violents car
provoquant ce ressenti d'une façon humainement universelle).
Ainsi, il est possible de percevoir une violence dans un comportement
sans que l'auteur de celui-ci n'ait éprouvé ni
exprimé de la violence (intérieurement).
Il importe donc de distinguer entre une pression volontaire et un
message pouvant être ressenti violemment (même si
ce n'était pas l'intention de son auteur). Le
félicitiste évitera donc de tels messages ;
c'est-à-dire que non seulement il ne cherchera pas
à culpabiliser autrui, par exemple, mais il
évitera des expressions pouvant malencontreusement avoir ce
résultat.
En particulier, on évitera de relever une " violence " de
l'interlocuteur afin de ne pas exprimer ainsi une violence pour
celui-ci… (V18). Ceci est nécessaire pour
éviter un cercle vicieux de violence (par
rétroaction positive).
L'application de ce point dépend toutefois de
l'interlocuteur. Signaler à un félicitiste, ses
expressions " violentes " peut se justifier conformément au
principe d'entraide (M13, PS13).