La Sagesse de l'Autonomie, de l'Amour et de la Raison


III Aide à la pratique

A Les principes de gestion personnelle

Les principes de vigilance, consistent à être attentif à tout ce qui peut nous éloigner de la pratique de l'éthique.

PG1 La vigilance émotionnelle

On tâchera de détecter rapidement les états intérieurs susceptibles de détourner de l'objectif, afin d'y mettre rapidement un terme s'ils ne sont pas justifiés ou de redoubler de vigilance s'ils le sont.
a Etats par nature non justifiables : la haine, la soif de vengeance, la jalousie, la dévalorisation de soi, le regret, la honte, l'impatience, le fatalisme, le découragement etc.
b Etats pouvant détourner de l'objectif par leur intensité :
l'ennui, la curiosité, l'adoration, l'attachement, le dégoût, la fierté, la colère, la déception, la culpabilité, l'attrait du plaisir, l'attrait du repos, la fatigue, la peur du manque, la peur de déplaire, le désir de plaire, le besoin de compagnie, le désir en général, la préoccupation du moment, les émotions fortes en général...
c Etats pouvant plus particulièrement détourner de la pensée rationnelle (PR1,3,10) :
besoin d'appartenance, de sens, besoin de comprendre, d'admirer, de se soumettre, fierté, sympathie, antipathie, émotions fortes..

PG2 La vigilance intellectuelle

Peuvent encore nous éloigner d'un comportement félicitiste :
a Les habitudes (acquises antérieurement) par lesquels on va agir ou s'exprimer machinalement d'une certaine façon…
D'où l'intérêt de faire une démarche particulière pour en acquérir de nouvelles.
b Les schémas culturels et valeurs inculqués antérieurement.
D'où l'intérêt de questionner chacun d'entre eux.
c Est susceptible de nous éloigner de la démarche rationnelle :
l'habitude de juger rapidement, sur la base des apparences. On se méfiera donc de ses jugements rapides…

PG3 La vigilance comportementale

On sera vigilant face aux activités susceptibles d'éloigner de l'objectif afin d'y mettre un terme si elles ne sont pas justifiées ou de redoubler de vigilance si elles le sont :
Le divertissement, la fatigue, la violence, l'inconfort, les répétitions, la consommation de psychotropes, la compétition, le jeu, l'engagement etc.

PG4 La vigilance environnementale

On sera vigilant face aux environnements et sollicitations susceptibles d'éloigner de l'objectif afin de s'en écarter ou de les modifier si ils sont inutiles ou de redoubler de vigilance s'ils sont utiles ou difficilement évitables :
Sources de divertissement, de fatigue, de compétition, d'inconfort, répétition, violence, séduction…

Les quatre principes suivants créent des conditions favorables à une pratique efficace par action sur soi-même et notre environnement immédiat.

PG5 La satisfaction des besoins

On veillera à la satisfaction de ses besoins fondamentaux sur le long terme : sécurité, repos, confort de base, compagnie, rapports harmonieux, calme, ordre, action, cohérence…

PG6 L'hygiène

On prendra soin de son corps : propreté, exercice, alimentation, non-consommation de toxiques etc.
Toute prise de risque devra être suffisamment motivée par l'objectif félicitiste.

PG7 L'aménagement

Dans la mesure du possible, on se créera un environnement favorable à la poursuite du but, limitant les sources d'angoisse, de perturbations et de tentations.

PG8 Le développement personnel

a- En les exerçant, on développera ses capacités intellectuelles et émotionnelles, en particulier : l'attention, la concentration et l'esprit critique.
b- On maintiendra (ou développera) sa capacité à faire face à des conditions difficiles.
c- On prendra le temps de la réflexion pour tirer les enseignements de ses échecs et réussites…
d- On tâchera d'éliminer ses éventuelles dépendances (d'autant plus qu'elles limitent l'action félicitiste (en qualité et en quantité)).

PG9 L'allégresse

On cultivera la bonne humeur, l'humour, la joie, l'entrain.
On tâchera de prendre plaisir à tout et en particulier à ce que l'on fait.
On envisagera les choses positivement.

PG10 La non-soumission

On se gardera de toute obéissance aveugle et non-contrainte envers une personne, une morale ou une organisation.
Cela implique un certain courage. Cela n'empêche pas d'obéir lorsque l'urgence ou le bon sens l'exige.
On ne se fiera pas à un enseignement parce qu'il est supposé " supérieur ", mais parce qu'on l'aura testé et vérifié par soi-même.

B Les exercices

Les exercices qui suivent aident à se maintenir dans la pratique de l'éthique en dépit des faiblesses humaines, des vicissitudes et distractions de l'existence. Ils relèvent du développement personnel (PG8).
Ils pourront être appelés, " les cinq piliers ". Ce sont :
R1 Le rappel (à soi)
R2 Le ressourcement (dans la paix intérieure et l'amour universel)
R3 La révision (du félicitisme)
R4 Le bilan (de sa pratique)
R5 Le test (d'autonomie)

R1 Le rappel

Le rappel à soi consiste à se détacher de ses activités ou préoccupations particulières du moment, et à se mettre à l'écoute de son environnement, de son corps puis de ses sentiments.
Il consiste à observer ses émotions avec précision sans les réprimer, à identifier les dépendances qu'elles révèlent éventuellement, sans les réprouver. On se reliera à ses besoins profonds et on évitera soigneusement toute pensée comportant des étiquetages, des généralités ou des jugements de valeur.
Le rappel à soi sera pratiqué à chaque fois que l'on sent venir en soi une émotion ou un mal-être, ainsi que de façon périodique (à certaines heures de la journée, par exemple).

R2 Le ressourcement

Le ressourcement dans la paix intérieure et l'amour universel, fera suite à un rappel à soi. Il consiste, après avoir fait le vide de ses émotions et préoccupations particulières et avoir atteint un certain calme, à se centrer sur le sentiment d'amour inconditionnel et universel. On pourra s'aider d'un environnement, de postures, de pensées etc.
On veillera également à le pratiquer lorsque l'on sentira en soi un manque d'amour, voire de l'hostilité envers un ou plusieurs êtres.

R3 La révision

La révision du félicitisme consiste à se rappeler l'intérêt et la nature de cette philosophie, à comprendre et mémoriser ses différents principes.
Il sera pratiqué régulièrement de façon à avoir suffisamment à l'esprit (lorsque c'est nécessaire) les objectifs et les différents principes de l'éthique et de l'aide à la pratique.

R4 Le bilan

Il s'agit de faire le bilan de sa pratique du félicitisme : noter les échecs et réussites, de façon à s'améliorer au fil du temps.

R5 Le test

Cet exercice consiste à se mettre en situation de privations justes suffisantes pour exercer son autonomie.
Plus généralement, on s'appliquera à goûter son bonheur autonome lorsque la situation extérieure est défavorable.

Pour chaque exercice, chacun choisit la fréquence qui lui convient le mieux (pour une bonne pratique de l'éthique). Elle pourra être plus importante en début de pratique, puisqu'il y aura plus d'habitudes nouvelles à acquérir.

C Les alarmes

Afin d'aider à une prise de décision rapide et plus sûrement félicitiste, on peut mettre en garde contre un certain nombre d'actions qui seront généralement rejetées par une délibération félicitiste consciencieuse. Elles peuvent être acceptées, mais plus ou moins rarement, de sorte que l'on peut leur associer un indice correspondant à cette rareté et au coût éventuel pour le bien commun, et donc, indiquant le niveau de soin avec lequel il importe de prendre toute décision y conduisant.
L'intention d'un tel comportement (ou le comportement lui-même) constituera, en quelque sorte, une alarme…

D'où les dix " comportements-alarmes " qui, en les faisant précéder de la formule " tu vérifieras soigneusement que tu agis dans le sens du plus grand bonheur de tous avant de ", deviennent les " dix commandements " du félicitisme…

Comportement-Alarme Indice
A1 Tuer (un être vivant)  1 à 9 
A2 Faire souffrir 1 à 9
A3 Mentir   5
A4 Médire   2
A5 Voler 4
A6 Se droguer  2 à 8
A7 Dégrader 1 à 9 
A8 Sur-consommer 3
A9 Faire courir un risque (de mort, de souffrance, de destruction, de pollution…) 1 à 8
A10 Avantager (quelqu’un) 2

A1
L'indice est proportionnel au niveau de conscience de l'être vivant (ce qui suppose le développement du cerveau). Indices : Homme : 9 ; grands singes et dauphin : 8 ; autres mammifères : 6-7 ; autres : 1 à 5.
A2
L'indice dépend de la souffrance. Sera pris en compte, la sensibilité à la douleur et donc, le développement du cerveau.
Rentrent dans cette catégorie : la nuisance, la contrainte, l'oppression, la brutalité, le viol, la séquestration, la violence verbale (voir PS5b) etc.
A3
La sincérité est nécessaire à la confiance. Le mensonge doit donc rester exceptionnel. Sa tentation doit interroger la qualité de la relation..
A4
Médire est à prendre ici au sens purement comportemental : dire une chose de quelqu'un susceptible de lui être désagréable. Cela peut souvent être justifié (par exemple: dénoncer un comportement nuisible ou dangereux). En tant qu'attitude intérieure, la médisance est bien sûr exclue.
A5
Non seulement la victime du vol risque de souffrir, mais l'on s'oppose ainsi à une règle collective assurant une certaine équité dans la répartition des peines et des gains.
A6
Se droguer signifie consommer une substance de telle sorte que cela représente un risque sérieux d'induire une dépendance, une altération de la conscience ou de la santé. En principe, seule une raison médicale peut justifier une telle action… L'indice dépend de la substance.
A7
L'indice dépend de la dégradation et de l'objet. C'est, en particulier, nuire à l'écosystème ; que ce soit en le polluant (rejet de certaines substances ou objets), en modifiant un milieu, ou en prélevant abusivement certaines ressources.
A8
Sur-consommer signifie: consommer au-delà de sa part équitable de ce que la nature peut produire de façon durable pour tous. Tout dépassement devra être justifié par un service manifeste et supérieur au bien commun.
Ce point est nécessaire car il permet d'éviter une dégradation de l'environnement d'origine collective….
A9
L'indice dépend de l'importance du risque en terme de probabilité et en terme de gravité.
On peut considérer, en particulier, que compte-tenu de l'ignorance de la valeur exacte du seuil évoqué en A8, consommer au-delà de ses besoins élémentaires fait courir un risque...
A10
Ce point concerne, en particulier, le fait de s'avantager soi-même… Il est nécessaire pour limiter la compétition et les conflits.
Une différence de traitement ne pourra être justifiée que par des considérations pratiques : l'éloignement, le comportement des personnes, la connaissance que l'on en a, et non pas par des sentiments ou liens particuliers envers elles.

Les cinq premiers " commandements " (A1-5) permettent de faire le lien avec les morales " traditionnelles ", où ils correspondent souvent à des interdits (notion absente du félicitisme). Ces derniers se comprennent par le fait qu'un comportement " spontané ", insuffisamment " conscient ", conduit souvent à ces actions en causant d'importantes souffrances.
Le félicitisme agit en quelque sorte à la racine du mal puisqu'il conduit affectivement et rationnellement au comportement le plus opposé qui soit à la souffrance…
Il conserve la quintessence humaniste des éthiques religieuses. Ainsi, l'objectif félicitiste (appuyé par le dixième commandement) constitue la concrétisation la plus réaliste et harmonieuse qui soit du fameux " tu aimeras autrui comme toi-même "…

La principale différence concerne l'absence, dans le félicitisme, de commandements purement idéologiques (" tu n'adoreras pas d'autres dieux ", " tu ne travailleras pas le jour du Seigneur " etc.) ainsi que de la notion de conduite sexuelle " impure " (présente dans toutes les éthiques religieuses traditionnelles). La saar n'impose pas de mœurs particulières, mais invite simplement à réfléchir aux conséquences possibles de ses actes (en particulier sur autrui et à long terme) et à en tirer les conséquences…

En outre, la quasi-interdiction de l'homicide y est strictement non discriminatoire. Celle-ci ne disparaît pas parce que l'individu serait qualifié d'ennemi, de criminel, de sorcière, de faux-prophète ou d'apostat… Tout homicide doit s'avérer clairement et concrètement nécessaire pour sauver des vies humaines.
Tous les génocides de l'histoire résultent soit de la poursuite d'un objectif plus restreint que le plus grand bien (souvent celui d'un peuple ou " nation "), soit d'une assurance incompatible avec les principes de raison (en particulier PR2,3,10). Ils sont le produit du racisme et du fanatisme. Le " premier commandement " ajoute une protection supplémentaire par rapport à ce risque.


D Les Principes sociaux

Les vingt principes qui suivent visent plus spécifiquement la qualité des rapports humains et sont regroupés dans cinq rubriques:
PS1-4 Le non-jugement
PS5-8 L'autonomie affective
PS9-13 La responsabilité
PS14-17 L'amour
PS18-20 La non-violence

Le non-jugement

PS1 La circonspection

Etre particulièrement prudent dans la formation de ses jugements sur les personnes (appliquer un niveau d'évidence suffisamment faible), en particulier pour tout de ce qui relève de la psychologie, à cause de la complexité du sujet, du caractère non directement observable des faits psychiques et des risques de projection.

PS2 La non-chosification

Voir en chaque individu, un être à la recherche, éventuellement maladroite, du bonheur, susceptible d'évoluer, avant d'y voir une cause de trouble quelconque. On s'abstiendra d'identifier autrui à un défaut que l'on rejette ou à quelque étiquette que ce soit.
On n'éprouvera plus ainsi que de la compassion et de l'amour.

PS3 Le non-enfermement

Les étiquettes sont souvent utilisées pour évacuer une difficulté que l'on a, elles dispensent d'agir, de communiquer. De plus, elles sont souvent abusivement simplificatrices. On s'abstiendra donc de tels jugements afin de rester ouvert au dialogue.

PS4 La non-hiérarchisation

Ne pas percevoir de hiérarchie de valeur entre les êtres (ce que l'on est libre de faire car il ne s'agit pas là d'une observation…) Personne ne sera considéré comme supérieur, inférieur, bon, mauvais etc.
On ne pratiquera donc ni la dévalorisation ni la flatterie et l'on n'y sera pas sensible, car elles ne seront pas confondues avec le rejet ou l'acceptation.
On n'éprouvera plus de mépris, de condescendance, de pitié, de vénération, d'admiration, d'estime, ni de fierté ou d'humiliation, seulement un respect égal pour tous les êtres.
La notion de mérite, disparaît également, dans la mesure où elle implique une hiérarchie de valeur... (L'égalité de valeur n'implique pas l'égalité de traitement).

L'autonomie

PS5 L'autonomie affective

a Ne s'attacher (au sens de dépendance) qu'à ce qui ne dépend que de soi-même : ses idées, ses objectifs… à l'exclusion de tout le reste. En particulier, on ne fera pas dépendre son bonheur de l'attitude d'autrui.

PS6 La non-attente

Agir positivement pour satisfaire ses besoins ou désirs, sans attendre que cela vienne des autres.
Le cas échéant, on pourra bien sûr exprimer des demandes, qui devront être précises et réalistes.

PS7 L'autonomie émotionnelle

Rester suffisamment connecté à sa source intérieure de paix et d'amour pour ne pas se laisser affectivement influencer par l'humeur d'autrui.
En cas de " violence " perçue, on pratiquera un rappel à soi ou une prise de distance, afin de ne pas se laisser gagner par la violence (culpabilité, indignation, colère etc.)

PS8 L'abnégation

Se centrer suffisamment sur le bien commun pour ne pas être affecté par le rejet, l'indifférence ou le manque de reconnaissance de la part d'autrui.

La responsabilité

PS9 La non-culpabilité

Lorsqu'on a commis une action engendrant de la souffrance, on a fortement à cœur d'y remédier ou d'éviter que cela ne se reproduise. Mais là doit s'arrêter la " culpabilité ". On ne s'y complaira pas.

PS10 La non-accusation

Atténuer son sentiment de culpabilité de façon à ne plus craindre d'assumer ses responsabilités, à ne plus être tenté de rejeter la "faute" sur autrui, ou de chercher des boucs-émissaires (par peur de se sentir coupable).

PS11 L'initiative positive

S'enquérir de la meilleure action que l'on peut faire soi-même pour résoudre chaque problème, pour œuvrer au bien commun, avant de chercher des responsables.
Une responsabilité spécifique ne sera évoquée que dans le cadre d'une entente préalable explicite (comprenant le responsable).

PS12 La parole positive

Limiter ses paroles à ce qui est utile (au bien commun) ou agréable.
Le cas échéant, dénoncer ce qui doit l'être (pour une réduction de la souffrance) sans se poser en victime.

PS13 L'acceptation de la critique

Chercher dans toute critique le bénéfice que l'on peut en tirer, avant d'envisager sa non-pertinence. Privilégier l'hypothèse de la bienveillance de son auteur.

L'amour

PS14 La non-possession

Respecter les idées, les choses et les êtres pour eux-mêmes et non pas pour leur relation avec nous-mêmes.
On ne se considèrera pas comme propriétaire de quoi que ce soit (psychologiquement parlant).
On percevra sa propriété légale (éventuelle) comme une responsabilité, et non pas comme un pouvoir jalousement chéri ou défendu.

PS15 La manifestation immédiate de l'amour

Manifester son amour (tendresse, bienveillance, fraternité…) envers autrui par :
M1 La douceur,
M2 La non-nuisance
(ne pas lui nuire délibérément)
M3 Le respect immédiat
(effort pour ne pas faire souffrir, importuner)
M4 Le respect à long terme
(effort pour libérer des causes de la souffrance, éducation )
M5 Le soin
(soulager sa souffrance immédiate)
M6 L'empathie
(s'accorder sur ses émotions)
M7 L'écoute
(prendre le temps de l'écouter et de le comprendre)
M8 La compréhension
(rechercher des causes de son comportement)
M9 Le partage de son propre bonheur
M10 Le partage du bonheur d'autrui
M11 L'explication
(lui faire partager nos motivations et sentiments, être précis et explicite...)
M12 La communication
(lui transmettre les informations pouvant lui être utiles)
M13 La serviabilité,
(lui rendre le service)
M14 la fiabilité,
(prendre des engagements si nécessaire et les tenir)
M15 La coopération
(partager le même objectif que lui, et s'organiser dans l'action commune)

PS16 La focalisation félicitiste

Ces " manifestations ", en particulier le service, la coopération et la communication, présentent toutefois des limites : elles doivent être compatibles avec le bien commun (O0). Le cas échéant, on expliquera son refus (par exemple, en présentant ses priorités).

PS17 La diffusion félicitiste

Si possible, on tâchera d'amener l'autre à l'éthique du bien commun (le félicitisme), afin de pouvoir coopérer avec lui, ensuite. Alors, il n'y aura plus le moindre obstacle à la sincérité et à la communication…
Tout cela ne peut avoir lieu que si les personnes acceptent d'entrer en relation, d'écouter.
On tâchera, de notre côté, de rester dans l'ouverture au dialogue et l'acceptation de l'autre.

La non-violence

PS18 La non-répression

La contrainte (force) ne sera employée qu'au service direct du bien commun (par exemple, pour protéger des vies).
On ne cherchera pas à " rendre justice " ou " corriger "…

PS19 La non-pression (volontaire)

Chaque parole ne sera qu'explications, informations, témoignages ou aides, sans oublier l'écoute et la douceur.
On ne cherchera pas à imposer quoi que ce soit à autrui.

On s'efforcera donc de ne pratiquer aucune des formes de pression suivantes (volontairement) :
V1 Les représailles
(sanction délibérée en cas de refus)
V2 Le fait accompli
(action préalable orientée)
V3 Le harcèlement
(insistance malgré un refus)
V4 La menace
(annonce de représailles)
V5 La moralisation
(recours aux notions de bien et de mal, de devoir, de normalité…)
V6 La condamnation
V7 La dévalorisation
(abaissement dans une hiérarchie de valeur, comprend l'insulte, la moquerie…)
V8 La culpabilisation
(discours visant à culpabiliser)
V9 Chantage affectif
(annonce d'affections conditionnelles)
V10 La brusquerie
(brutalité, violence dans le ton ou les propos)
V11 L'injonction
(demande exprimant de l'autorité)
V12 L'assurance autoritaire
(affirmation ferme et sans appel)
V13 La péjoration
(recours à une connotation négative)
V14 L'intrusion psychologique
(affirmation concernant la vie intérieure d'autrui)
V15 L'incrustation
(affirmation implicite dissimulée dans le propos rendant difficile la contestation)
V16 L'optimisme violent
(présupposition optimiste plaçant autrui dans une situation désavantageuse)
V17 La déformation violente
(présupposition susceptible de choquer)
V18 Le pessimisme inutile
(évocation d'une situation déplaisante à dessein ; souvent sous forme ironique)
V19 L'urgence
(situation d'urgence évoquée à dessein)
V20 L'engagement
(invitation à l'engagement à dessein)

La volonté de pression est souvent plus ou moins inconsciente, d'où l'importance d'être aussi conscient que possible de ce qui se passe en soi.

PS20 La diplomatie

Il ne faut pas perdre de vue que la violence ne se trouve pas dans un message ou un comportement, mais est d'abord un ressenti intérieur : un phénomène subjectif (PR9) (même si certains comportement sont unanimement qualifiés de violents car provoquant ce ressenti d'une façon humainement universelle). Ainsi, il est possible de percevoir une violence dans un comportement sans que l'auteur de celui-ci n'ait éprouvé ni exprimé de la violence (intérieurement).
Il importe donc de distinguer entre une pression volontaire et un message pouvant être ressenti violemment (même si ce n'était pas l'intention de son auteur). Le félicitiste évitera donc de tels messages ; c'est-à-dire que non seulement il ne cherchera pas à culpabiliser autrui, par exemple, mais il évitera des expressions pouvant malencontreusement avoir ce résultat.

En particulier, on évitera de relever une " violence " de l'interlocuteur afin de ne pas exprimer ainsi une violence pour celui-ci… (V18). Ceci est nécessaire pour éviter un cercle vicieux de violence (par rétroaction positive).
L'application de ce point dépend toutefois de l'interlocuteur. Signaler à un félicitiste, ses expressions " violentes " peut se justifier conformément au principe d'entraide (M13, PS13).


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