Le sectarisme est l'attitude consistant à défendre une pensée en faisant
preuve d'étroitesse d'esprit et d'intolérance pour tout ce qui s'en écarte.
C'est aussi la tendance à former des clans adverses.
Il existe deux sortes de sectarismes. Le sectarisme de groupuscule et le
sectarisme de masse. Le premier est le fait d'un mouvement marginal qui est
certain de détenir la vérité, et est souvent prêt à imposer aux autres ce
qui découle de ses croyances.
Le second est le fait d'une société hégémonique qui diabolise tout ce qui
serait susceptible de lui échapper. Ces deux sectarismes se nourrissent l'un de
l'autre : les agressions d'un camp ou les intentions qui lui sont prêtées,
nourrissant l'intolérance voire la paranoïa de l'autre. Le fait que l'on tende
à attribuer la responsabilité des problèmes à autrui facilite cela (d'où
l'intérêt du principe de non-accusation, PS10).
Le sectarisme, de quelque camp qu'il soit, s'appuie sur le manichéisme,
l'amalgame, le jugement sur des apparences. Cela découle du manque de
réflexion et de rigueur logique, facilités par l'emprise des émotions.
Les sectarismes tendent à imposer une pensée unique, par la manipulation. Nous
appelons " manipulation " toute influence susceptible de s'opposer à
l'intérêt à long terme de celui qui en est l'objet.
On vérifie aisément que les principes de rationalité (PR1-10) mais aussi
le non-jugement (PS2-4), la non-violence (PS19-20), la sincérité (A3,4), la
communication (M12)… s'opposent à toute forme de manipulation…
Le sectarisme est favorisé par le rejet d'autrui (généralement aggravé du
jugement sur des apparences). Or, cela est clairement dénoncé dans les
principes d'amour et de non-jugement (PS15, PS3).
Rappelons que le félicitisme repose sur l'autonomie individuelle, et que l'intolérance
trahit un manque d'autonomie…
Si l'on ajoute à cela le principe de non-soumission PG10, les principes de
vigilance PG1-4, et d'équité (A10), on voit que cette philosophie met
particulièrement à l'abri de tout ce qui s'apparente à une nuisance sectaire
(totalitarisme, despotisme, intolérance, rigidité, fanatisme…)
En pratique, ce n'est pas tant l'habileté des manipulateurs qui est la cause du
problème, que la facilité avec laquelle le plus grand nombre se laisse
influencer et dominer par eux. L'éthique félicitiste est un puissant vaccin
contre ce phénomène…
Le principe de non-attachement (PG1a) s'applique aux adhésions quelles
qu'elles soient, y compris au félicitisme… Le félicitiste s'attache donc à
poursuivre le plus grand bien du plus grand nombre possible avant de défendre
sa philosophie, qui ne doit être qu'un moyen…
Enfin, les prescriptions données plus bas concernant
l'organisation des communautés félicitistes, apportent des garanties
supplémentaires dans le sens de la démocratie.
Bien sûr, ce ne sont là que des principes, mais tout est fait pour en favoriser une pratique effective… et jamais l'ensemble de ces principes n'a été aussi clairement proposé…
La communauté félicitiste (ou " saarienne ") est l'ensemble des pratiquants de cette philosophie.
N'importe qui peut se revendiquer de cette éthique, mais c'est seulement sur
la base de son comportement (et en particulier son mode de vie) que les autres
jugeront de la véracité de son affiliation.
C'est avant tout par l'exemple que chacun témoignera de la force et de la
valeur de cette sagesse.
Afin d'être pleinement libre et justifiée, il est souhaitable que l'adhésion au félicitisme fasse suite à la compréhension de sa nature (par exemple, en lisant attentivement le présent texte).
Les chapitres " fondements " et " éthique " du présent
texte sont la référence utlime et immuable de ce qu'est cette sagesse. Les
autres spécifications peuvent évoluer par décision consensuelle des
pratiquants regroupés au sein de l'association (voir plus bas).
Si la saar est avant tout une éthique personnelle, celle-ci peut entraîner
des actions collectives, pour favoriser le plus grand bonheur du plus grand
nombre possible.
Elle peut aider à organiser harmonieusement une société, et réciproquement,
cette dernière peut favoriser la pratique du félicitisme.
Ainsi, des célébrations pourront être organisées afin de développer la
fraternité, la convivialité et les valeurs du félicitisme en général (comme
cela se fait dans les religions et les sociétés traditionnelles).
Conformément aux principes de non-violence, elles ne sauraient avoir un
caractère d'obligation. En outre, on évitera tout ce qui pourrait ressembler
à un culte (par exemple, les commémorations).
On peut envisager une célébration félicitiste de la naissance, de l'entrée
dans l'age adulte, de l'union, de la mort, du printemps etc.
Les pratiquants d'un quartier pourront se rassembler périodiquement pour
pratiquer les exercices, partager leurs expériences,
leurs difficultés, leurs idées, leurs projets…
Le félicitisme permet de vivre plus en harmonie avec son environnement humain, que ce dernier soit félicitiste ou pas. S'il l'est, l'harmonie est simplement supérieure.
Chacun devra avoir la plus grande liberté de quitter ou de rejoindre une
société " félicitiste ".
Les jeunes naissant en son sein pourront, lorsqu'ils auront atteint l'age de
raison, s'informer de toutes les philosophies existantes, avant de faire leur
choix, en toute liberté.
Rappelons qu'à la différence des religions, cette philosophie ne repose sur
aucune autorité, révélation ou croyance.
Elle n'est qu'une voie proposée à qui se sent inspiré par elle, à qui
l'estime plus pertinente et efficace qu'une autre, ou souhaite simplement la
tester pour le temps où elle lui conviendra…
Elle s'appuie certes sur des tendances humaines universelles, mais c'est à
chacun de les retrouver en lui-même par lui-même.
De plus, sa simplicité est telle qu'il n'est pas besoin de clercs, de
théologiens, d'érudits, de prophètes ou de gourous pour expliquer aux autres
en quoi elle consiste. Elle est entièrement contenue dans le présent texte,
suffisamment explicite et cohérent pour éviter des interprétations
variables...
L'association félicitiste a pour but de favoriser la pratique et le
développement du félicitisme.
Elle comporte les règles statutaires suivantes :
Au sein de l'association, personne ne pourra bénéficier de revenus ou
d'avantages supérieurs à ce qui lui est strictement nécessaire pour accomplir
sa tache.
Tout culte de la personnalité y sera proscrit.
Toute différence de pouvoir (il y en a forcément dans les faits) devra
s'appuyer sur une inégalité dans les compétences en rapport avec le pouvoir
considéré. Celui-ci ne pourra reposer que sur une nécessité évidente.
Les personnes exerçant des fonctions particulières pourront être
démissionnées à tout moment.
Les décisions seront prises de façon collégiale et consensuelle, en
n'acceptant un vote non-unanime que s'il n'y a pas une ferme opposition… Une
telle opposition devra cependant être argumentée et donner lieu à une
discussion où seront particulièrement respectés les principes du félicitisme
(en particulier, les principes de raison et de non-pression). Un non-respect
flagrant de ces principes invalidera le veto de la personne…
Afin de limiter la compétition (PG3,4), de vivre dans la coopération (M15), de satisfaire ses besoins fondamentaux et de se donner un cadre favorable à la pratique du félicitisme (PG5,7), certains pourront former des communautés de partage ; c'est-à-dire : s'organiser localement de façon à ce que chacun travaille directement pour le bien commun du groupe plutôt que pour un intérêt strictement personnel, ne former ainsi " qu'un seul cœur " partageant " un seul pain ".
Actuellement, en dépit de l'abondance matérielle découlant des progrès de
la science, et de l'abondance des adeptes de religions prêchant l'amour et la
compassion, la misère demeure voire s'accroît, des conflits éclatent partout
pour l'appropriation des richesses, tandis que la destruction de l'environnement
se poursuit inexorablement… On peut penser qu'une économie fondée sur la
propriété privée transmissible au fil des générations avec possibilité
d'en tirer un revenu (d'où d'importantes inégalités), obligeant à assurer sa
sécurité en s'appropriant un maximum de biens (d'où la compétition et les
conflits), conduisant à le faire en faisant consommer par autrui toujours plus
de matière et d'énergie (d'où la sur-consommation), ne soit pas étrangère
à cette situation…
Afin d'œuvrer efficacement en direction d'une humanité avec moins de misère,
d'oppression, de guerres, et plus en harmonie avec son environnement (O5-9 ),
certains pourront expérimenter des rapports économiques différents, plus en
accord avec les valeurs du félicitisme que sont la liberté (de satisfaire ses
besoins les plus essentiels), l'égalité (de traitement) et la fraternité. Par
exemple, en formant des communautés de partage susceptibles de se fédérer…
Par ailleurs, la pratique du félicitisme favorise la viabilité et
l'harmonie d'une communauté de partage et rend réaliste une gestion
démocratique de celle-ci (c'est-à-dire prenant également en compte l'avis de
chacun d'une façon qui le satisfasse).
Ces lieux, en réalisant ainsi un mode de vie humainement attrayant, pourraient
avoir un effet de levier et de boule de neige en direction d'un monde meilleur.
Bref, ils sont porteurs d'un espoir important, susceptible de séduire un
humaniste…
Conformément à l'éthique félicitiste, ces communautés seront ouvertes
sur l'extérieur (O0, A10).
Les principes d'organisation évoqués plus haut (pour l'association) s'y
appliqueront.
Elle ne constitue cependant qu'une façon de vivre le félicitisme parmi d'autres. Chacun est libre d'adopter sereinement et en conscience, la meilleure façon d'œuvrer, compte-tenu de sa situation, pour la maximisation du bonheur et la préservation de l'espèce.
Un félicitiste (ou " saarien ") est quelqu'un qui pratique
l'éthique du même nom.
Celui-ci pourra ou non, se conformer scrupuleusement aux règles officielles
d'aide à la pratique. S'il s'y conforme, il sera appelé " disciple "
ou " pratiquant complet ".
S'il est membre d'une société félicitiste, il sera appelé " camarade
" ou " citoyen ".
S'il est membre d'une communauté de partage, il sera appelé " compagnon
".
S'il est membre de l'association, il sera appelé " sociétaire ".
Ces statuts ne mesurent pas la qualité de la pratique du félicitisme. Ils
résultent du libre choix de l'individu et peuvent être diversement cumulés.
Les statuts de compagnon et de sociétaire pourront toutefois être
conditionnés à une acceptation par les pairs (fondée sur la pratique du
félicitisme).