La Sagesse de l'Autonomie, de l'Amour et de la Raison


V Les félicitistes

A Félicitisme et sectarisme

Le sectarisme est l'attitude consistant à défendre une pensée en faisant preuve d'étroitesse d'esprit et d'intolérance pour tout ce qui s'en écarte. C'est aussi la tendance à former des clans adverses.
Il existe deux sortes de sectarismes. Le sectarisme de groupuscule et le sectarisme de masse. Le premier est le fait d'un mouvement marginal qui est certain de détenir la vérité, et est souvent prêt à imposer aux autres ce qui découle de ses croyances. Le second est le fait d'une société hégémonique qui diabolise tout ce qui serait susceptible de lui échapper. Ces deux sectarismes se nourrissent l'un de l'autre : les agressions d'un camp ou les intentions qui lui sont prêtées, nourrissant l'intolérance voire la paranoïa de l'autre. Le fait que l'on tende à attribuer la responsabilité des problèmes à autrui facilite cela (d'où l'intérêt du principe de non-accusation, PS10).
Le sectarisme, de quelque camp qu'il soit, s'appuie sur le manichéisme, l'amalgame, le jugement sur des apparences. Cela découle du manque de réflexion et de rigueur logique, facilités par l'emprise des émotions.
Les sectarismes tendent à imposer une pensée unique, par la manipulation. Nous appelons " manipulation " toute influence susceptible de s'opposer à l'intérêt à long terme de celui qui en est l'objet.

On vérifie aisément que les principes de rationalité (PR1-10) mais aussi le non-jugement (PS2-4), la non-violence (PS19-20), la sincérité (A3,4), la communication (M12)… s'opposent à toute forme de manipulation…
Le sectarisme est favorisé par le rejet d'autrui (généralement aggravé du jugement sur des apparences). Or, cela est clairement dénoncé dans les principes d'amour et de non-jugement (PS15, PS3).
Rappelons que le félicitisme repose sur l'autonomie individuelle, et que l'intolérance trahit un manque d'autonomie…
Si l'on ajoute à cela le principe de non-soumission PG10, les principes de vigilance PG1-4, et d'équité (A10), on voit que cette philosophie met particulièrement à l'abri de tout ce qui s'apparente à une nuisance sectaire (totalitarisme, despotisme, intolérance, rigidité, fanatisme…)
En pratique, ce n'est pas tant l'habileté des manipulateurs qui est la cause du problème, que la facilité avec laquelle le plus grand nombre se laisse influencer et dominer par eux. L'éthique félicitiste est un puissant vaccin contre ce phénomène…

Le principe de non-attachement (PG1a) s'applique aux adhésions quelles qu'elles soient, y compris au félicitisme… Le félicitiste s'attache donc à poursuivre le plus grand bien du plus grand nombre possible avant de défendre sa philosophie, qui ne doit être qu'un moyen…
Enfin, les prescriptions données plus bas concernant l'organisation des communautés félicitistes, apportent des garanties supplémentaires dans le sens de la démocratie.

Bien sûr, ce ne sont là que des principes, mais tout est fait pour en favoriser une pratique effective… et jamais l'ensemble de ces principes n'a été aussi clairement proposé…

B La communauté félicitiste

La communauté félicitiste (ou " saarienne ") est l'ensemble des pratiquants de cette philosophie.

N'importe qui peut se revendiquer de cette éthique, mais c'est seulement sur la base de son comportement (et en particulier son mode de vie) que les autres jugeront de la véracité de son affiliation.
C'est avant tout par l'exemple que chacun témoignera de la force et de la valeur de cette sagesse.

Afin d'être pleinement libre et justifiée, il est souhaitable que l'adhésion au félicitisme fasse suite à la compréhension de sa nature (par exemple, en lisant attentivement le présent texte).

Les chapitres " fondements " et " éthique " du présent texte sont la référence utlime et immuable de ce qu'est cette sagesse. Les autres spécifications peuvent évoluer par décision consensuelle des pratiquants regroupés au sein de l'association (voir plus bas).

C Les sociétés félicitistes

Si la saar est avant tout une éthique personnelle, celle-ci peut entraîner des actions collectives, pour favoriser le plus grand bonheur du plus grand nombre possible.
Elle peut aider à organiser harmonieusement une société, et réciproquement, cette dernière peut favoriser la pratique du félicitisme.

Ainsi, des célébrations pourront être organisées afin de développer la fraternité, la convivialité et les valeurs du félicitisme en général (comme cela se fait dans les religions et les sociétés traditionnelles). Conformément aux principes de non-violence, elles ne sauraient avoir un caractère d'obligation. En outre, on évitera tout ce qui pourrait ressembler à un culte (par exemple, les commémorations).
On peut envisager une célébration félicitiste de la naissance, de l'entrée dans l'age adulte, de l'union, de la mort, du printemps etc.
Les pratiquants d'un quartier pourront se rassembler périodiquement pour pratiquer les exercices, partager leurs expériences, leurs difficultés, leurs idées, leurs projets…

Le félicitisme permet de vivre plus en harmonie avec son environnement humain, que ce dernier soit félicitiste ou pas. S'il l'est, l'harmonie est simplement supérieure.

Chacun devra avoir la plus grande liberté de quitter ou de rejoindre une société " félicitiste ".
Les jeunes naissant en son sein pourront, lorsqu'ils auront atteint l'age de raison, s'informer de toutes les philosophies existantes, avant de faire leur choix, en toute liberté.

Rappelons qu'à la différence des religions, cette philosophie ne repose sur aucune autorité, révélation ou croyance.
Elle n'est qu'une voie proposée à qui se sent inspiré par elle, à qui l'estime plus pertinente et efficace qu'une autre, ou souhaite simplement la tester pour le temps où elle lui conviendra…
Elle s'appuie certes sur des tendances humaines universelles, mais c'est à chacun de les retrouver en lui-même par lui-même.
De plus, sa simplicité est telle qu'il n'est pas besoin de clercs, de théologiens, d'érudits, de prophètes ou de gourous pour expliquer aux autres en quoi elle consiste. Elle est entièrement contenue dans le présent texte, suffisamment explicite et cohérent pour éviter des interprétations variables...

D L'association félicitiste

L'association félicitiste a pour but de favoriser la pratique et le développement du félicitisme.
Elle comporte les règles statutaires suivantes :
Au sein de l'association, personne ne pourra bénéficier de revenus ou d'avantages supérieurs à ce qui lui est strictement nécessaire pour accomplir sa tache.
Tout culte de la personnalité y sera proscrit.
Toute différence de pouvoir (il y en a forcément dans les faits) devra s'appuyer sur une inégalité dans les compétences en rapport avec le pouvoir considéré. Celui-ci ne pourra reposer que sur une nécessité évidente.
Les personnes exerçant des fonctions particulières pourront être démissionnées à tout moment.
Les décisions seront prises de façon collégiale et consensuelle, en n'acceptant un vote non-unanime que s'il n'y a pas une ferme opposition… Une telle opposition devra cependant être argumentée et donner lieu à une discussion où seront particulièrement respectés les principes du félicitisme (en particulier, les principes de raison et de non-pression). Un non-respect flagrant de ces principes invalidera le veto de la personne…

E Les communautés de partage

Afin de limiter la compétition (PG3,4), de vivre dans la coopération (M15), de satisfaire ses besoins fondamentaux et de se donner un cadre favorable à la pratique du félicitisme (PG5,7), certains pourront former des communautés de partage ; c'est-à-dire : s'organiser localement de façon à ce que chacun travaille directement pour le bien commun du groupe plutôt que pour un intérêt strictement personnel, ne former ainsi " qu'un seul cœur " partageant " un seul pain ".

Actuellement, en dépit de l'abondance matérielle découlant des progrès de la science, et de l'abondance des adeptes de religions prêchant l'amour et la compassion, la misère demeure voire s'accroît, des conflits éclatent partout pour l'appropriation des richesses, tandis que la destruction de l'environnement se poursuit inexorablement… On peut penser qu'une économie fondée sur la propriété privée transmissible au fil des générations avec possibilité d'en tirer un revenu (d'où d'importantes inégalités), obligeant à assurer sa sécurité en s'appropriant un maximum de biens (d'où la compétition et les conflits), conduisant à le faire en faisant consommer par autrui toujours plus de matière et d'énergie (d'où la sur-consommation), ne soit pas étrangère à cette situation…
Afin d'œuvrer efficacement en direction d'une humanité avec moins de misère, d'oppression, de guerres, et plus en harmonie avec son environnement (O5-9 ), certains pourront expérimenter des rapports économiques différents, plus en accord avec les valeurs du félicitisme que sont la liberté (de satisfaire ses besoins les plus essentiels), l'égalité (de traitement) et la fraternité. Par exemple, en formant des communautés de partage susceptibles de se fédérer…

Par ailleurs, la pratique du félicitisme favorise la viabilité et l'harmonie d'une communauté de partage et rend réaliste une gestion démocratique de celle-ci (c'est-à-dire prenant également en compte l'avis de chacun d'une façon qui le satisfasse).
Ces lieux, en réalisant ainsi un mode de vie humainement attrayant, pourraient avoir un effet de levier et de boule de neige en direction d'un monde meilleur.
Bref, ils sont porteurs d'un espoir important, susceptible de séduire un humaniste…

Conformément à l'éthique félicitiste, ces communautés seront ouvertes sur l'extérieur (O0, A10).
Les principes d'organisation évoqués plus haut (pour l'association) s'y appliqueront.

Elle ne constitue cependant qu'une façon de vivre le félicitisme parmi d'autres. Chacun est libre d'adopter sereinement et en conscience, la meilleure façon d'œuvrer, compte-tenu de sa situation, pour la maximisation du bonheur et la préservation de l'espèce.

F Statuts (résumé)

Un félicitiste (ou " saarien ") est quelqu'un qui pratique l'éthique du même nom.
Celui-ci pourra ou non, se conformer scrupuleusement aux règles officielles d'aide à la pratique. S'il s'y conforme, il sera appelé " disciple " ou " pratiquant complet ".
S'il est membre d'une société félicitiste, il sera appelé " camarade " ou " citoyen ".
S'il est membre d'une communauté de partage, il sera appelé " compagnon ".
S'il est membre de l'association, il sera appelé " sociétaire ".
Ces statuts ne mesurent pas la qualité de la pratique du félicitisme. Ils résultent du libre choix de l'individu et peuvent être diversement cumulés. Les statuts de compagnon et de sociétaire pourront toutefois être conditionnés à une acceptation par les pairs (fondée sur la pratique du félicitisme).

 

chapitre suivant


Sommaire